Lors de l’achat le 13 octobre 2024, le propriétaire avait convenu qu’il nous donnait la récolte d’olives de l’année. C’est donc la dernière semaine d’octobre 2024 que nous décidons de partir en Espagne pour notre toute première récolte. Après avoir chargé le Partner que le cousin de Kiki nous a prêté (je ne sais plus de quoi d’ailleurs), nous étions prêt pour le début de l’aventure.
Une météo qu’on n’avait pas prévue
Dans nos têtes, c’était soleil catalan, mais une semaine avant de partir, nous avons checker la météo, c’était un peu la douche froide : de la pluie toute la semaine. Cela nous a pas suffit a nous décourager.
On a pris un logement à 15 minutes de la terre car dormir sur place n’était pas envisageable. Premier arrêt obligatoire : Decathlon Tortosa. On est ressortis équipés : pantalons de pluie, bottes, K-way, casquette pour moi et chapeau pour Kiki, on était prêts à affronter le chantier.

La surprise : il n’y a pas d’olives
En arrivant, on fait le tour des arbres. Presque rien. Au fond, je le savais : lors de notre visite en août, j’avais vu que les arbres étaient vides et je savais que ça n’allait pas changer entre temps.
Résultat : on a tout fait à la main sur nos 200 oliviers. On a testé les outils Fuxtec sur deux arbres, mais ils étaient inadaptés et trop lourds.
Le bilan était maigre : 40 kg d’olives récoltés. Pour faire sa propre production d’huile, il faut un minimum de 300kg d’olives. On était loin du compte et la seule solution c’était de les vendre au moulin pour 0,50 € le kilo. Disons que ça restait symbolique car c’était notre baptême : on a appris comment se passe la pesée, le dépôt et comment on est payé.
Les caroubes : le vrai chantier
En revanche, les caroubiers étaient généreux. On en a 80, des arbres immenses. D’ailleurs, pour être honnête, on ne connaissait même pas ce fruit avant de visiter le terrain. C’est vraiment une belle découverte, c’est un fruit merveilleux une fois qu’on apprend à le connaître.Les caroubes tombent au sol et avec la pluie, elles finissent dans la terre humide. On a passé des journées entières à genoux dans l’humidité à remplir des sacs. On a du repasser à Decathlon pour acheter des genouillères histoire d’être un tout petit plus confortable.
On a récolté 700 kg de caroubes sur la moitié des arbres. À 0,30 € le kilo, ça ne change rien financièrement, mais physiquement, c’était intense. La voiture était remplie de sacs jusqu’au plafond on a du faire plusieurs voyages. On a quand même du sécher nos caroubes sinon le moulin ne les acceptait pas. Il faut savoir que la meilleure période pour récolter les caroubes est fin août. Peut-être que le prix au kilo est plus cher.


L’épisode des inondations
Deux jours avant notre départ, il pleuvait plus que d’habitude. Ma mère m’appelait sans arrêt, inquiète des images des inondations à Valence, n’ayant pas eu accès à l’info, je me disais qu’elle en faisait trop, on a continué notre journée. Puis la pluie s’est intensifié, nous rendant dans l’incapacité de travailler. Kiki a dit : “Non. Là, on part.” Moi je pensais qu’il abusait, mais en descendant, le chemin était totalement inondé.
J’ai dû descendre de la voiture, l’eau aux genoux. Pendant 200 mètres, je marchais devant la Partner pour guider Kiki entre les pierres invisibles sous le courant. Je suis sortie trempée, juste avant de recevoir l’alerte du gouvernement : « de rester chez soi pour de violente inondation ». Le lendemain, le chemin était impraticable. On a pu rencontrer le voisin qui nous a montré des vidéos du chemin une demie heure après notre départ. On a dû fermer la maison et rentrer en France un jour plus tôt.
Ce que cette première récolte nous a appris
On n’a pas fait d’huile cette année-là. On a beaucoup « charbonné » pour presque rien. Mais paradoxalement, c’était incroyable.
On a compris que la météo décide toujours et que travailler sa terre est à la fois épuisant et relaxant. L’argent des caroubes a fini par servir… à acheter des bouteilles d’huile au moulin ! On est repartis avec la certitude qu’on voulait continuer.